« L'injonction des évidences
bâtit l'immobilisme.
Quand la certitude des chaines
devient plus agréable que
l'hypothèse des ailes :
l'évasion devient urgence.
Plus qu'une recherche du Beau,
l'Art est une quête
vers la Liberté,
vers la Vérité. »
« L'injonction des évidences
bâtit l'immobilisme.
Quand la certitude des chaines
devient plus agréable que
l'hypothèse des ailes :
l'évasion devient urgence.
Plus qu'une recherche du Beau,
l'Art est une quête
vers la Liberté,
vers la Vérité. »
Notes d'intentions
Pour 4 voix mixtes & violoncelle.
Christian Bobin maîtrise cet art de la poésie laconique, de la maxime tranchante, où les significations sont exhibées avec une telle nudité qu’elles éclatent hors des mots qui les encapsulent. Si nous nourrissons de musique le plasma dans lequel ces significations baignent alors, les sémantiques s’entrechoquent, rebondissent, fusionnent. Elles nous ouvrent de nouvelles portes à la Beauté, à la Béatitude.
Interprètes : Timothé Bougon, Louise Grévin, Martin Laskawiec, Mathilde Lavignac, Eva Tamisier. Captation : YellowStudio, Coordination : Jonathan Teysseyré, Vidéo : Audrey Marty, Son : Cressida Jacquin, Mix & Montage : Lucas Sonzogni. Le Transcontemporain : Direction, Lucas Sonzogni
Pour choeur et support fixe.
La rencontre d’un choeur et des machines est une parfaite métaphore de notre société contemporaine. Corps de chair et boites de plastique. Voix et lignes de code. La chaleur du profondément humain et la froideur de l’exécutif informatique face à face : caricature commune faite de ce monde agité qui nous dépasse.
Mais, le profondément humain est-il si chaud ? A l’heure des inégalités les plus sévères, l’humanité n’a semble-t-il jamais été aussi injuste avec elle-même, se lançant dans diverses guerres patriotiques, communautaristes, religieuses, essaimant obscurantismes de toutes natures et souffrances incommensurables. La froideur de l’humain qui massacre est d’une actualité brulante. Les chairs calcinées par les bombes, conséquences du grand jeu d’un pouvoir toujours aussi glacial.
Et l’exécutif informatique est-il si froid ? Quand des familles communiquent leur amour autour du globe par satellites, quand tout le savoir du monde est accessible sous le pouce, quand il faut des IA conversationnelles pour combler le vide affectif laissé par les siens, quand des sex-toys connectés nous font jouir, quand des programmes génèrent des peintures, des poèmes, des symphonies ; ces machines viennent compenser la froideur de nos existences par un feu qui n’apparait plus si artificiel. Nier notre dépendance à tous ces « zéros » et ces « uns » devient impossible, tout autant que de cerner qui de l’homme ou de la machine domine sur l’autre.
Par une forme de spiritualité contemporaine, les textes de Paul d’Antoine illustrent à merveille ces sensations de submersions et d’impuissances qui nous accablent à l’orée de ces perceptions ambivalentes. Comprendre notre monde semble impossible, mais, malgré tout, pourvus d’une poésie très symbolique, ces textes laissent une place significative à l’espoir en l’humanité, et en la possibilité du bonheur.
En collaboration avec le GMEM, le Chœur Philharmonique de Marseille s'est prêté au jeu des sessions d'enregistrements du matériau sonore nécessaire à cette œuvre. Lucas Sonzogni et éOle remercie chaleureusement ces deux structures, ainsi que Martin Laskawiec et Mathilde Lavignac pour l'encadrement vocal de ces sessions.
Créé le 3 Décembre 2024 par Le Transcontemporain à St Pierre des Cuisines de Toulouse.
Pour chœur mixte, violoncelle, et réverbération acoustique.
Création FestyVocal 2023 - Chœur Seguido.
La réverbération « infinie » de l’église Saint-Pierre Le Corbusier Firminy inspire une métaphore de l’éternité. Cette durée de la réverbération acoustique devient une image de l’éternité spirituelle qui émane d’un tel lieu. Ainsi, cette œuvre croise ce concept d’« éternité » avec celui d’« équinoxe », thème du festival 2023.
Moment où le jour et la nuit ont la même durée, l’équinoxe se transforme en axe de symétrie temporel, point d’où les éternités passées et futures se contemplent avec la même appréhension, point où deux altérités se font face. Le temps se suspend, le jour n’est plus une fin à la nuit, la nuit n’est plus une fin au jour, ils deviennent une dualité complémentaire.
« Eternité », « axe de symétrie » et « dualité » sont les trois concepts qui jalonnent ontologiquement l’œuvre. Ils sont dans le texte, dans les échelles de hauteurs, dans la structure, dans les motifs et leurs interactions. Ils ont motivé l’écriture de la pièce et peuvent en motiver l’interprétation. Spiritualité, contemplation béate du cosmos, amour : autant d’ouvertures offertes par ces trois concepts fondateurs.
La spatialisation joue un rôle important. La partition laisse beaucoup de place à de potentiels mouvements des choristes, ou à un large panoramique. Ces mouvements, en plus de mettre en évidence les éléments musicaux présents dans la pièce, contrasteraient avec le violoncelle, point fixe dans cet espace. Le choix du violoncelle pour accompagner le chœur est motivé par sa complémentarité spectrale avec le chœur, et par le rapport acoustique de la réverbération de l’église qui met en avant les fréquences de son registre. Par le violoncelle, c’est l’église qui chante.
Pour chœur mixte a cappella.
Création 2023. Les éléments – Archipel – ARPA.
D’après le récit du procès de Péronne Galibert, condamnée pour sorcellerie en 1485 à « parcourir la ville de Labruguière (Tarn, France) la corde au cou » précédée du crieur public, puis à être « attachée à une potence pour y être brulée et consumée » ; et d’après le texte Estat ai eu greu cossirier de Beatriz de Dia, trobairitz provençale du XIIème siècle.
Mettre en regard les récits du procès d’une « sorcière » avec les textes amoureux et sensuels d’une trobairitz n’a qu’un but : dénoncer la phallocratie obscurantiste et tyrannique dont ces chasses aux sorcières sont une incarnation. Cette pièce est à la fois une apologie de la liberté et du désir féminin, et une diatribe des terribles angoisses meurtrières masculines face à leur perversion.
C’est une sur-augmentation du thème qui sert de base au tapis harmonique modal qui forme la première et dernière partie de l’œuvre, en français. Ce temps ralenti, suspendu, est une image du choc émotionnel à l’annonce de la mort. Plus rien n’a d’importance, pas même son injustice, seul le chant amoureux, en occitan, revient. Il est une partie contrastante centrale, aux couleurs devenues ambiguës.
Pour ensemble orchestral
Commande Estiv’Halle.
« La vie Parisienne », c’est le thème du festival commanditaire qui a inspiré cette symphonie. De l’esthétique de l’art nouveau naissent des volutes et des courbes musicales qui deviennent le fondement thématique de la pièce. Ludique et gai, ce travail thématique ne peut être que libre, à l’image des peintres et des sculpteurs de cette époque.
Trois atmosphères se succèdent, dans trois mouvements différents. Parfois lumineuses et ingénues, parfois plus ambiguës, masquant une gravité historique plus sombre, ces couleurs trouvent malgré tout toujours leurs origines dans les représentations de ce courant artistique de la fin du XIXe siècle, aussi bref que marquant.
Créée le 31 juillet 2022 sous la direction de Charles d’Hubert.
Pour chœur de femmes et basse continue
Création Ensemble Antiphona 2023.
D’après une chanson de Beatriz de Dia, trobairitz de la fin du XIIe, début du XIIIe s. Cette chanson d’amour féminine peint un large nuancier d’émotions, suspendues aux attentes et aux incertitudes de l’être aimé. Ces rebonds toujours plus violents entre tendresse et violence sont intemporels, et nous rappelle que notre condition humaine n’a de sens que dans ces sentiments qui nous touchent profondément.
Pour chœur mixte a cappella.
En latin et inspirée de la liturgie, cette pièce n’est pourtant pas fondamentalement sacrée.
Une Reine de Majesté ? Cette œuvre n’est-elle pas une louange mariale ?...
Non. Une Reine. Une figure féminine. Salvatrice. La Nature, la Terre, une Déesse, une Femme, un Destin, Marie peut-être, mais certainement pas une injonction.
Interprétée par François Bourlon, Coline Bouton, Marc Falempin-Creusot, Henri Faur, Charles d'Hubert, Christophe Juniet, Charlotte Kouby, Clément Lanfranchi, Thaïs Lescoul, Juliette Mey, Eva Tamisier, Antoine Vervier-Dasque. Enregistrée le 27 février 2021 par Lorry Delatie et Jean-Elie Eftekhari.
Pour chœur mixte a cappella.
D’après « Paroles » de Jacques Prévert.
Ce texte est un regard puissant sur l’affliction que l’on peut ressentir face à la misère du monde, et notre impuissance sur elle.
Jacques Prévert joue ici merveilleusement avec les échelles : de la Terre astronomique, qui n’arrête pas de tourner, nous plongeons vers la cellule de sang coagulé, « sang caillé comme le lait ».
Interprétée par François Bourlon, Coline Bouton, Marc Falempin-Creusot, Henri Faur, Charles d'Hubert, Christophe Juniet, Charlotte Kouby, Clément Lanfranchi, Thaïs Lescoul, Juliette Mey, Eva Tamisier, Antoine Vervier-Dasque. Enregistrée le 27 février 2021 par Lorry Delatie et Jean-Elie Eftekhari.
Pour piano
Inspirées par deux visions pastorales ingénues, ces Deux Vues d’Automne développent un jeu pianistique et compositionnel intrinsèque où la vision extramusicale nourri une sémantique et une structure formelle. Le thème de la feuille et le thème de l’arbre forment ainsi des chemins à la fois poétiques et symboliques.
Interprétée par Jahye Euh le 10 mars 2018 dans le cadre du Concours International d'Orléans,
prix A. Chevillion - Y. Bonnaud. http://www.oci-piano.com
Pour orchestre à cordes et acousmonium.
Autour d’échelles basées sur la fonction exponentielle, ici image d’une forme de destruction contemporaine, cette pièce laisse se déployer un iambe dans un double espace acoustique et électroacoustique. Une fois à son apogée, l’ouverture harmonique suit un inéluctable destin de contraction, pour retrouver sa forme primaire originelle.
Adagio pour Cordes et Support Fixe Quadriphonique, Op.6. Créé le 21 mai 2012 au CNSMD Lyon dirigé par Nicolas André.
Pour violon, violoncelle, piano, et bande stéréophonique
Créé le 17 janvier 2011 au CNSMD de Lyon, sous la direction de Michele Tadini et Robert Pascal. Enregistrement ici du 24 Avril 2012. Violoncelle : Raphael Guinzburg. Violon : Nicolas Sublet. Piano : Vincent Mardon.
Pour piano
Lucas Sonzogni, Cinq Miniatures Solidaires pour piano, Op.4
Interprété en public au CNSMD de Lyon par Jahye Euh le 21 mai 2012.
Pièce acousmatique
Lucas Sonzogni, Pièce stéréophonique, Op.3. Créée au conservatoire de Toulouse en juin 2010.
Avec tous mes remerciements à Bertrand Dubedout.
Pour deux clarinettes, piano, et bande stéréophonique
Commande éOle. Créée au Conservatoire de Toulouse le 6 mars 2010 sous la direction de Bertrand Dubedout. Piano : Marie-Laure Dupont, Clarinettes : Anthony Lézian et Guillaume Pastre.